Arutua

Arutua est l’un des plus gros pourvoyeurs de poissons lagonaires vers Tahiti. Les grandes quantités prélevées peuvent mettre en péril l’équilibre des écosystème lagonaires. Une gestion concertée et participative permettrait de préserver durablement les stocks.

© Karl Janisse on Unsplash

808

habitants en 2017

15 km²

de terres émergées

484 km²

de lagon

Arutua est un atoll de l’archipel des Tuamotus, tourné en grande partie vers la perliculture, la culture de coprah et la pêche. Avec 484 km2 de lagon, il est l’un des plus gros producteurs de poissons lagonaires de Polynésie française. Chaque année ce sont environ 60 tonnes de poissons frais qui sont expédiées vers la capitale. Ce sont les parcs à poissons, des enclos aménagés qui piègent les poissons vivants, qui assurent l’essentiel des prises.

L’épidémie de Covid-19 survenue en 2020 a considérablement ralenti l’économie perlière. Elle a conduit une partie de la population à se tourner vers la pêche pour l’auto-subsistance ou la commercialisation, faisant ainsi peser une pression supplémentaire sur les ressources lagonaires.

C’est aussi en 2020 qu’est créée une Zone de Pêche Réglementée sur la partie sud de l’espace maritime de l’île d’Arutua. Elle est composée de deux sous zones. Dans l’une toute pêche est interdite ; dans l’autre, seules la pêche à la ligne et la pêche au fusil de jour sont autorisées. Cette nouvelle réglementation inaugure la mise en place d’un comité de gestion.

Dans ce cadre, l’équipe du Centre de Ressources dédié au Rāhui en Polynésie française intervient pour soutenir la mise en place d’outils pour les pêcheurs.euses et le comité de gestion, qui permettront une gestion adaptative de la zone et de l’ensemble de l’espace maritime.

CE QUE NOUS AVONS FAIT

Repérage des éléments structurants du lagon

Recensement et localisation des parcs à poissons au niveau de l’unique passe et en dehors et caractéristiques de chacun : orientation (vers le large ou vers le lagon), propriété, etc. Estimation du volume des prises et inventaire des espèces capturées.

Recensement et localisation des fermes perlières au niveau de la passe.

Mission de reconnaissance du lagon d’Arutua pour confirmer certaines hypothèses de recherche : repérage de la passe, plongée sur une karena ou pinacle (formation corallienne verticale qui peut émerger de la surface de l’eau) pour évaluer l’état des coraux et la diversité des espèces, visite de la limite sud-est de la Zone de Pêche Réglementée.

© Lauric Thiault

Définition des questions de recherche et des protocoles d’enquête

© Yannick Chancerelle

Mise en place d’un protocole de recensement des poissons commerciaux dans le périmètre de la Zone de Pêche Réglementée et en dehors et d’un protocole de comptage sur la biodiversité totale (macro-invertébrés, qualité du substrat et taux de recouvrement).

Définition d’une méthode de suivi halieutique du lagon avec un focus sur les parcs à poissons avec des relevés réguliers des prises sur une année pour évaluer la variabilité saisonnière.

Définition d’un protocole pour une étude des dynamiques socio-anthropologiques et de la durabilité de la pêche sur Arutua.

CE QUE NOUS PRÉVOYONS DE FAIRE

  • Réaliser les comptages des poissons commerciaux et des macro-invertébrés et qualifier le substrat et analyser les données collectées.
  • Collecter puis analyser les données (espèces, nombre de poissons, taille, etc.) concernant les captures via les parcs à poissons.
  • Déployer une enquête qualitative pour collecter les Savoirs Écologiques Locaux (TEK) relatifs aux écosystèmes coralliens, mieux connaître les pratiques de pêche locales et l’organisation des dynamiques locales en matière de pêche.
  • Identifier les ressorts de la gouvernance du lagon (pratiques formelles et informelles régissant les usages de l’espace maritime) et engager une concertation en vue d’une gestion durable des ressources récifo-lagonaires.
  • Accompagner la création d’une Aire Marine Éducative.

© Avel Chuklanov – Unsplash